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Le terme est issu de la langue des Sioux et signifie „ce qui bouge“.


Une terminologie voisine se retrouve dans d´autres cultures et représente l´énergie cosmique qui nous entoure. SKAN est un groupe de thérapeutes qui travaillent sur le corps, ils restent fidèle au legs de Wilhelm Reich.
Le fondateur de ce mouvement Al Baumann (1918-1998) rencontra Wilhelm Reich en 1948.Il a travaillé avec lui jusqu´en 1956.Wilhelm Reich meurt en 1957. Il fonda de nombreux brillants projets dont entre autre le „workshop of expression“ à New York. Il a animé pendant plus de 40 ans des séminaires s´adressant à des acteurs, danseurs, musiciens et thérapeutes.


Michael Smith (1937-1989), élève génie de Baumann , avait un don inné de toucher le coeur de l´Homme. Il a profondément influencé le mouvement SKAN.
„Le but de SKAN est d´ouvrir le cœur. Je ne parle pas du cœur de la nostalgie ou de la sentimentalité .Je m´adresse plutôt au cœur de la sensible clarté ,à sa chaleur, sa présence ainsi qu´à son naturel, au cœur qui entend, au cœur visionnaire. A ce cœur dans lequel le moi se place pour aller vers l´autre, le toucher et entrer en contact intime avec la pulsation fondamentale existant dans tout être vivant.“


La relation et le toucher


L´aspect relationnel dans notre travail est primordial .Plus que dans toute autre branche, le thérapeute doit être en mesure de ressentir par empathie les éruptions émotionnelles, l´expression de la nostalgie, de l´inclination, de la passion tout aussi bien que la colère, la haine, l´aversion, le deuil. Il doit pouvoir le faire avec le cœur et par tout son corps.
Dans le travail toute approche technique est inutile. Le thérapeute intervient parce qu´il est touché et ceci aussi bien dans la colère que dans la sympathie.
De ce fait, les demandes faites au thérapeute sont grandes: il doit avoir un cœur ouvert et être en mesure de gérer avec maturité les situations de transfert émotionnel.
L'énergie, la pulsation


Du point de vue technique, le focus de notre travail est axé sur la gestion du flux énergétique dans le corps. De ce flux dépendent la structure psychique, caractérielle, les sentiments, les comportements et la manière de percevoir le monde. L´intervention sur ce plan amène des changements profonds à tous les niveaux. Vu qu´ils sont l´expression d´un flux énergétique bloqué, les problèmes et les conflits s´amenuisent au cours de la thérapie. Partant, notre attention sera tout particulièrement ciblée sur sa libération dans le corps. La forme fondamentale du mouvement énergétique dans le corps est la pulsation. Cette pulsation circule à travers tout le corps. Dans le plaisir, elle va vers la périphérie, dans la frustration, de la périphérie vers le centre.


La pulsation présente deux phases: l´expansion et la contraction. La pulsation subit un rythme continu d´expansion et de contraction, un état de vibration constante dans lequel l´organisme est balloté entre l´expansion et la contraction. “ (W. Reich).Ceci est valable our tout ce qui est vivant, pour tout l´Univers. L´Univers entier est vibration, pulsation.
Nous vivons le rythme de l´expansion et de la contraction directement par le corps et par nos sentiments. L´expansion par ex. dans l´envie, l´amour, l´agression, l´étirement, la décontraction, la nostalgie, l´ouverture, la joie. Et pour la contraction par ex. dans le retrait, la honte, la culpabilité mais aussi dans le recueil, la concentration.
Le travail commence là où l´équilibre entre l´expansion et la contraction est dérangé. Les malaises, les maladies, les problèmes sont l´expression d´un profond dérangement pulsatif. Ces dérangements ont lieu lorsque soit l´expansion, soit la contraction prend le dessus.


De manière générale, nous avons surtout à faire avec des personnes chez lesquelles la contraction prévaut.
Le comportement psychotique de la personne qui se perd dans l´expansion repose aussi, la plupart du temps, sur une contraction profonde de l´organisme. La tenue de la contraction est exemplaire du dilemme de l´Homme qui trouve son expression dans une présomption égotique qui le coupe de tout ce qui l´entoure.
La désintégration thérapeutique des fixations et des cuirasses s´opèrent dans le contexte de l´existence de l´égo. Sur le plan spirituel, c´est la désintégration de la fixation qui, elle même, est représentée par l´égo. La perte complète de la cuirasse demeure finalement une question spirituelle. Aussi longtemps que nous nous définissons du point de vue de l´égo, nous restons cuirassés, l´égo étant la cuirasse.

 

La cuirasse


Le travail consiste en la dissolution de la cuirasse. La conception de la cuirasse a été définie par Wilhelm Reich. Elle est dans le corps et la psyché, l´équivalent de tout ce qui est rigide, raide et immobile.
Dans le processus de cuirassage, l´énergie vitale se retourne contre l´organisme. Dès leur plus jeune âge, la plupart des sujets prennent la „décision“ de se vivre en deçà du minimum existentiel énergétique. Ce faisant, ils sont rarement conscients du poids tragique de leur décision.
Nous sommes plus ou moins cuirassés et nous souffrons des limitations et des fixations qui y sont liées. Afin de pouvoir survivre aux conditions de vie difficiles, le nouveau-né ou le petit enfant devra se „cuirasser“.
Le cuirassage permet à l´enfant de consumer l´énergie refoulée, d´assujettir la peur, de se protéger et, dans une mesure toutefois atténuée, d´évoluer. „ L´organisme cuirassé se différencie de l´organisme non cuirassé essentiellement par le fait qu´entre le noyau biologique, à partir duquel toutes les impulsions naturelles naissent, et le monde, dans lequel il vit et agit, un mur raide est intercalé. Il en résulte que toute impulsion naturelle et surtout la fonction naturelle de l´amour sera freinée.“ (W. Reich : L´éther, Dieu et le diable).
Reich distingue deux qualités de cuirasse: „Dans la couche superficielle, l´homme moyen est réservé, compatissant, a le sens du devoir, est loyal. Le tragique de la couche superficielle de la coopération sociale, c´est qu´elle n´a aucun contact avec le noyau biologique profond; elle est portée par une deuxième couche médiale du caractère qui se compose de part en part d´impulsation barbares, sadiques, convoitant la sexualité, rapaces et jalouses.....En progressant à travers cette deuxième couche du pervers via le fondement biologique de l´Homme animal, on découvre alors régulièrement la couche la plus profonde que nous nommons „le noyau biologique“.


„On ne peut en aucun cas relâcher le caractère vers ce noyau tellement prometteur sans avoir écarté la couche superficielle faussement sociale. Lorsque le masque cultivé tombe, ´aspect sociable naturel n´est pas celui qui émerge en premier lieu, mais la couche caractérielle perversosadique.“ (W. Reich: La psychologie de masse du fascisme).
Dans l´approche thérapeutique, le client est dirigé, soutenu, responsabilisé dans son investissement énergétique du décarapaçage.
Au cours de la thérapie, il s´agit essentiellement d´induire la sensation de „fluidité“ vécue lors des séances en relation avec le monde existant.


L´identification neurovégétative


Notre approche est simple mais demande toutefois une nouvelle manière de voir les choses: la compréhension analytique, abstraite, interprétative est moins requise.
Il s´agit plutôt de participer en percevant, en sentant par toutes nos pores et en respirant l´instant que nous vivons.
Wilhelm Reich appelait cette capacité „la sensation organique“ ou encore „l´identification neurovégétative“: la capacité de ressentir dans son propre corps ce qui se produit dans le corps de l´autre, de vibrer pratiquement avec l´autre et, partant de là, de pouvoir laisser s´induire l´action thérapeutique.
Cette approche n´est pas cérébrale, elle nait du corps entier dont la tête n´est qu´une partie. La totalité de notre corps sensitif, pulsatif, fluide en est l´instrument essentiel.